La rançon économique du protectionnisme

La rançon économique du protectionnisme

Tout le monde connait maintenant l’issue du Brexit. Aux États-Unis, les promesses de politiques protectionnistes trouvent un écho chez les électeurs. Nombre d’économies occidentales veulent encadrer plus fermement les échanges commerciaux avec les autres pays. En ces temps de mondialisation et d’échanges internationaux, cette situation semble à contre-courant.

Les politiques économiques sont certes complexes et hautement politiques, mais il reste que dans une perspective économique, le protectionnisme en la matière entraîne des pertes importantes. Voici quelques exemples de ce dont se privent les économies protectionnistes :

  1. Consommateurs – Le libre-échange et l’ouverture des frontières permet aux entreprises d’offrir leurs produits à des millions de nouveaux consommateurs. En outre, le Canada est un pays exportateur net. De faibles tarifs à l’exportation rendent les produits canadiens plus attrayants pour les consommateurs étrangers. Pour les entreprises locales, cela se traduit par davantage de consommateurs, une augmentation des ventes et un meilleur potentiel de croissance.
  2. Concurrence – L’augmentation globale de la concurrence entre les entreprises étrangères et les entreprises locales rend compétitifs les prix et les propositions en matière de valeur. Les consommateurs profitent ainsi de meilleurs prix et d’offres plus intéressantes pour des produits comparables. En outre, la concurrence force les entreprises à être plus efficientes et novatrices, ce qui profite à l’ensemble de la société.
  3. Choix – L’accès à une plus grande variété de produits étrangers donne aux consommateurs un plus vaste choix de produits et services, locaux et importés. Le choix accru de produits et d’options leur donne plus de flexibilité en fonction de leurs moyens et de leurs habitudes de consommation.

Enfin, l’ouverture des frontières est avantageuse pour les travailleurs. Un rapport spécial publié par BMO Marchés des capitaux indique en effet que l’ALENA a fait passer le taux de chômage, au Canada, 10,4 à 6,9 % de 1994 à 2015. Cela ne veut pas dire qu’aucun secteur n’a souffert du libre-échange, mais de manière générale, il a créé de l’emploi. Les pays ont dû se spécialiser et se concentrer sur ce à quoi ils excellent.

Il y a toujours un prix à payer pour le protectionnisme, que ce soit entre pays ou provinces, et ce prix doit être pleinement évalué par les dirigeants au moment d’établir leurs politiques.

Peter Berry, CPA, CA
Gérant